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Ce qu'il faut savoir de Gandariah et de ses seigneurs

Publié le par Fabien Maisonneuve

Ce qu'il faut savoir de Gandariah et de ses seigneurs

Selon l'éminent cartographe Ibn Sufian al-Iblisî, le continent de Gandariah comprend cinq grands royaumes, situés aux cinq extrémités de la terre : le Kagharsaï, Pelaboria, le Sanghkor, le Shadiraï et le Mahanistan.

Au nord s'étend Kagharsaï (Kajjarsay), terre des steppes et de neiges éternelles, vaste étendue continentale ou paissent les troupeaux de girafes laineuses et de yacks, où l'on trouve les mannaks (mammouths), les buraks (rhinocéros laineux), les grands loups bleus et les licornes noires des steppes que chevauchent les archers des tribus nomades éparpillées. Quelques cités émergent ça et là comme Yumunji, la cité des Feung, la cité perdue de Magash abritant le Cœur-Temple des dives, ou Surshedja, centre névralgique de la culture sanguinaire des moghuls, dominée par le puissant Yakal Khagan.

A l'ouest de Kagharsaï, par delà la zone tampon du Samarsaï où vivent des clans métissés et plus sédentaires, se situe l'émirat de Bazilyân, qui comme tous les émirats est rattaché à l'empire. Le territoire du Bazilyân est situé sur les côtes occidentales du continent. Y gouverne le Regus Voladim El-Moldari. L'épicentre stratégique de l'émirat de Bazilyân est la ville portuaire d'Elludorine, comprenant l'une des plus grandes écoles de rhétorique de Gandariah. L'émirat compte également la prestigieuse cité de Balad al-Jamah, centre historique du Premier et du Troisième Empire.

Plus à l'ouest, se situe l'archipel de Pelaboria, composé pour l'essentiel des îles d'Yslar, Falkine, Zenakine et Xoldhoba. Pelaboria est intensément urbanisé, et constitué de petits sultanats en compétition permanente dans la production agricole, la pèche, la broderie, l'ingénierie, l'artillerie et la piraterie. On y compte de grands esprits et des villes florissantes.

Parmi elles, Akazam est l'Île-Cité des Forgerons Alchimistes, détenteurs du secret de fabrication des armes sacrées en acier lunaire.

Au sud de l'archipel, sur la côte nord-ouest du continent gandarien se situe l'émirat de Mazighân. La reine Hamma'ani Banu Bareki, descendante du premier empereur Ishkaladar, gouverne depuis l'imposante cité fortifiée de Dar-El-Qarayn. On lui prète le titre d'émire, car chez les mazighin, l'épouse de l'émir hérite de son pouvoir à sa mort et jusqu'à ce qu'elle abdique en faveur de l'un de ses fils, ou qu'elle meurt à son tour. Les monts Zagharsî du Haut-Mazighân sont émaillés de ksars, des fortins parfois très économes en architecture, mais généralement somptuaires, tenus par la traditionnelle garde Assirât.

La légende veut que les éfrits du désert de Juhubba situé plus au sud aient tenté d'envahir le Mazighân. Les vestales kahini auraient conçu un mandala pour protéger les hautes terres et elles auraient expliqué précisément à Hamal Al-Qarayn -petit-fils d'Ishkaladar- où il devait élever des forteresses pour assurer l'émirat contre tout mal. une route pavée relie ces forts, qu'on appelle le Sirat, et que nul efrit ne peut franchir, « comme les fils d'une toile d'araignée retiennent les mouches prisonnières ». La garde Assirât a depuis toujours la charge de surveiller la frontière sud, notamment les Routes de Fibre, sentiers désertiques où les nomades tuariks font transiter la main d’œuvre esclave, l'or, l'ébène et l'ivoire du royaume de Sanghkor.

Situé à l’extrême sud ouest de Gandariah, le royaume noir de Sanghkor s'étend sur de vastes plaines de savane et de brousse, et jusque dans les jungles colossales des Sans-Âmes. Terre inhospitalière pour les gandari, elle ne fut jamais conquise ni par Ishkaladar ni par ses successeurs des différents empires, et tout étranger y est interdit de chasse. Les sanghkorites, que le petit peuple appelle les shamites (littéralement "enfants du soleil", avec une connotation redoutable) se disent descendants directs du premier homme, Abil, le Grand Ancêtre. Ils vénèrent les Ancêtres, les premiers hommes, fondateurs de leurs tribus, qui se réincarnent cycliquement dans celles-ci, et qu'ils célèbrent à l'aide de masques rituels et de totems de lignées dans des bosquets sacrés.

Sanghkor est divisé en petits royaumes: Baoga, Yoroumbi, Djouyouga, Soûnraïa, Hassouas et Mongo-Ka'nmaga. Divers querelles agitent ces assemblages de tribus profondément divisées, mais le monso Bilal les tient tous sous son autorité et sous sa légende, étant reconnu comme la nouvelle incarnation d'Abil.

Le monso Bilal ambitionne de fonder à son tour un empire, et tâche de s'allier les nomades tuariks de Juhubba, noirs de peau, pour conquérir le Mazighân à la tête d'une armée d'éléphants de guerre caparaçonnés soutenus par leur cavalerie. Mais, jusqu'à présent, le Sirat lui résiste.

Les tuariks sont des nomades du désert que gouverne Amînukal, seigneur de Bès, au centre du désert harassant de Juhubba qui sépare le sud fertile des côtes du nord.

A l'est du Sanghkor, s'étendent les montagnes de Melek Midrash où vivent les pygmées, détenteurs des secrets de la divination par les glyphes, et dont les oracles communiquent avec les Keroubim, les plus puissants anges de Mezdahor. Au delà, sur la rive et sur les îles du sud, se situe le petit royaume d'Haqsoum, dirigé par le Négus Gyptabal, allié de l'empereur Kaddar. C'est par lui que les richesses de Sanghkor transitent vers l'empire de Shadiraï, dans la cale des dhawq, ces embarcations légères capables de voyager en mer et de remonter les fleuves sablonneux.

Haqsoum est sous la garde d'une armée de yanishari, des eunuques de guerre couverts de prestige, et abrite Bardahût, la maison-mère des vestales kahini, l'ordre magique le plus vieux du monde.

Au nord est d'Haqsoum on trouve, sur le long du fleuve Gihedjam jonché de villages, le califat de Thahuguthân, remontant jusqu'au grand port d'Atka'ab, à quelques encablures de Balad al-Jamah. Le Tahuguthân est depuis peu un allié politique du Mazighân, grâce à la piété de son calife Aladdin Ber Thiba, cousin de l'empereur et gendre de l'émire Hamma'ani.

Le pays reste cependant célèbre pour son passé obscurantiste, car il dirigea le Second Empire sous la domination de l'empereur arachnide Nuranshîn, aillant imposé les chaînes à tous les peuples de Gandariah et ensemencé toutes les tribus aristocrates. Le Thahuguthân fut aussi connu comme le point de départ de la propagation de la religion des ténèbres et de ses adorateurs, les shayatin, unis dans la sombre circoncision.

C'est également, selon la légende, la terre d'origine du dive Zahhak, l'assassin d'Ishkaladar et le père des vampires, et sous l'ancienne salle du trône d'Atka'ab désormais scellée, se trouverait la Bouche du Schéol, dont on dit qu'elle mène au Dédale des Âmes Perdues.

Désormais, sous le règne brillant d'Aladdin Ber Thiba, le Thahuguthân a pour emblème le dromadaire blanc de Gihedjam, et sa capitale Atka'ab conserve une petite division de fidèles Gardes-Rokks, chevaucheurs de faucons géants.

A l'est du Tahugûthan et au centre Gandariah, se trouve le Shadiraï, Cœur du Monde, comprenant les merveilleuses cités de Marbelîne, de Niydine et d'Izkandaraï -la capitale située sur le fleuve Amra-.

On y compte également le grand port de Zenzoumar, qui communique avec le royaume d'Haqsoum, et sert également de point de départ pour la route maritime de l'est, qui remonte jusqu'aux îles mouvantes des archipels inconnus, ainsi nommées car aucun cartographe n'a pris la peine de s'y rendre. S'y trouve aussi Lazareth, la ville-bibliothèque recelant les écritures les plus anciennes et les ouvrages les plus mystérieux, ainsi qu'Irfân, la grande université des sciences astronomiques.

Shadiraï suit une longue tradition maritime de chasseurs de perles et de coraux, mais fourni également Gandariah en lapis, en opiacés et en pigments. A la pointe sud se situe la terre d'Edjaz où l'on élève les chevaux légers les plus rapides, les pur-sang d'Edjaz.

ça et là, le Coeur du Monde est ponctué de ruines anciennes: pyramides, ziggourat, temples abandonnés, idoles monumentales, obélisques titanesques. D'anciennes cités du premier empire ont laissé de beaux vestiges parfois encore peuplés comme Nafis-An-Ke, la mythique cité des Mudjûn -ces géants à la peau d'or- ou Darash-Shams, qui est le lieu d'une vénération du soleil levant, et dont on raconte que les prières sont nécessaires à son lever.

Shadiraï est enfin la terre qui a vu naître la tradition alchimique. L'empereur du Shadiraï est appelé le Shahenshah, le Roi des Rois. Kaddar II, l'actuel empereur, est en conflit larvé avec le shah Urzil de Baktrân (situé au nord de l'empire), et connaît des troubles dans la zone qui le sépare du Bazilyân, et qu'on appelle le Ba'akân, peuplé de mercenaires.

Enfin, le royaume de Mahanistan est situé à l’extrême est du continent, au sud de Kagharsaï et au nord de Shadiraï, sur une longue péninsule étirée en croissant, débordant sur les archipels inconnus. Cette terre est le pays des jnun1, et comprend les plus vieilles cités encore intactes de Gandariah, comme Bahavnagar et Ganaha, ainsi que la capitale la plus exotique de Gandariah, la mythique Dhamma, construite autour du sépulcre d'Aramidras. On y trouve des éléphants, des gazelles grises, des grands singes et des nagas. Les trois fleuves du Buffle, du Singe et de l’Éléphant y sont révérés comme sacro-saints.

Le roi de Mahanistan est le Raja Jamal El-Gandji. Il est entouré des Mahatmas, caste veillant sur les rites, et des Sikkars, la caste militaire. C'est également la terre d'origine de l'ordre Kalandar, ces sages conseillers des puissants louant la vertu de neutralité et de détachement, dont la doctrine est fondée sur l'équilibre des essences alchimiques du corps et de l'esprit. Ce sont également de redoutables experts du combat au bâton ou à mains nues.

Le Mahanistan est peuplé de temples et d'ashrams consacrés à la méditation et aux pratiques yogiques, comme à l'artisanat ou à la musique. Le habitants prétendent qu'il existe plusieurs races d'hommes-bêtes civilisées, comme les rakshasa, les hanumans et les nagalians.

Au nord du Mahanistan s'étend le Baktrân, où les jeux favoris sont le Bouzkachi et les concours de boissons. Le shah Urzil a recemment laisser infester son pays par les Hordes Noires des moghuls et, contre toute attente, a retourné ses propres armées contre celles du calife Aladdin Ber Thiba de Tahugûthân, s'emparant de sa capitale Atka'ab.

Voilà ce qu'il en est de Gandariah, de sa géographie, de ses seigneurs et de ses traditions. Et maintenant parlons de son histoire.

1Pluriel de djinn.

"Gandariah, le Cycle des Sables" vol.1 "Sous le Soleil d'Ahriman"

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