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Face au Désespoir, l'eydolûn

Publié le par Fabien Maisonneuve

Le malheur d'Arasîl était sans borne, il plongeait son âme, son aïdolûn, dans l'abîme.

Zana se refusait à lui alors qu'il n'avait désiré que son bonheur. ô oui, lecteur, tu peux trouver cela infantile, libre à toi. Et moi qui suit comme toi un homme de ce monde, tu dois croire que je n'ai pas mieux trouvé à dire. Mais Cette histoire va bien plus loin qu'une petite amourette, car toi-même, tu connais les affres du coeur. Tu sais qu'il dicte nos conscience dans ces moments là, tu sais qu'il nous torture et que notre bonheur est dans les larmes. Or Arasîl n'en avait pas.

Il aurait pu fermer ses poings, mais il préféra souffler. Un frémissement sur sa peau, un frisson, une extase sous contrôle.

La volonté du guerrier des montagnes dépassait de loin cette tragédie pour sa conscience, la distance qui le séparait du monde des hommes, l'incroyable distinction entre ce qu'il attendait du monde et les réalités.

Son désir de vie prévalait. Son accomplissement pouvait prendre n'importe quelle forme, et il comprenait désormais que la rage n'était pas bonne conseillère. Il vidait son esprit dans le souvenir du regard de Byrakk. Regard cerné de couleurs multiples.

En lui, il sentait l'amour du monde. Arasîl s'y accrocha comme à une branche.

Faut-il que tout dégénère? Les larmes de Byrakk nourrissaient sa chair et les tensions s'apaisèrent, tout en fortifiant son sang. L'alchimie opérait entre l'eau, l'huile et le corps. Arasîl suintait d'une sève douce aux odeurs changeantes, qui vibraient comme si des gazs multiples s'échappaient pour évacuer toutes les scories, jusqu'au parfum de rose.

Arasîl senti en lui reparaître son esprit totémique de simurgh, les ailes de son imagination se déployaient et tout son corps en vibrait. Il les étala. Une rayonnance. Il déclarait sa nature suprême, sans mots, sans prétention. Il se contentait de déployer. Shamash se leva. Il réchauffa bientôt la pièce froide du ksar.

L'ombre d'Arasil s'étendait déjà au fond de la pièce. Sur celle-ci se lisaient des cornes voûtées et ondulantes. La part animale était domestiquée, mais la force du jeune homme attirait la présence des ténèbres. L'esprit d'Arasîl était en paix, dans un état de concentration intérieure impeccable. Il cherchait le signe du destin pour se mettre en mouvement. Une nuit sans sommeil.

Bientôt, il se redressait doucement de sa posture, et Fereydoun lui apparu.

Il ne comprit pas. Il cligna des yeux, et vit Zana face à lui.

Face au Désespoir, l'eydolûn

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