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Destins Croisés

Publié le par Fabien Maisonneuve

Le dhawq de Jalahan s'amarrait au Bazilân, au port d'Astarine. La lumière des lampes alchimiques illuminait la nuit, si bien qu'il était aisé de débarquer. Au même instant Arasil échangeait un baiser avec Zana, loin, sur le sentier d'Assirat, quelque part au milieu des cèdres. Ils s'allongeaient. Quant à Jalahan, son esprit cherchait à se libérer du sort qu'il sentait, mais les marins tagothi se présentèrent comme des pêcheurs. Et c'est ainsi qu'il se trouva accueilli par les jeunes gens au service du ra'is , envoyés par la capitainerie pour contrôler les navires. Son père perdant la tête sur les marches du palais d'Atka'ab. Arasîl passant les mains subrepticement sur la poitrine de Zana, Zana saisissant sa main pour la déposer sur son coeur. Un baiser sous les cèdres. Le souvenir du sang versé. Les menstrues de Zana défaite par l'émotion.

Les humidités transpirant des bouches et s'enfonçant doucement l'une en l'autre. Jalahan débarquant sur l'autre rive du golfe d'Azkara. Le temps de tous les possibles immensités et des angoisses, comme des espoirs. Le temps de la vie, son histoire sans mesure. L'exil.

Ainsi les jongleurs et cracheurs de feu ici, les jeteurs de foudre, les attrapeurs de boules de cristal, les nudistes, les poètes, les fous, les folles. Les oiseaux d'homme. Oui, tous étaient à la cérémonie ce soir là, la Majorité de la princesse Souraüsa. Bientôt se déroulerait le grand tournoi des épousailles, le suyamur.

Les amants se libérant de leurs vêtements dans les eaux froides de la forêt endormie, et des bêtes peu curieuses devant le sacré de l'accouplement. Tendresse et chaleur. humidité et douceur âpre, nouées d'amertume. Le jardin des vérités célestes en pleine éclosion.

Jalahan reçu à la fête populaire qui tentait de tout son long de le faire sourire, jusqu'à la hargne s'il fallait. Des clowns terribles que ces fêtards, qui s'amusaient à l'insu de la peur mémorable du jeune prince alamite. L'énormité de la situation. Frères et sœurs adoptifs s’enlaçant tendrement et jalousement. Jalahan atteignant les abords de la cour du palais du ra'is d'Astarine. Il en était ainsi de la percée du destin, dans la croisée des courses.

Il en sera ainsi à jamais, car rien ne change de ce qui fut. Deux étoiles se choquent, une s'embrasse à la nouveauté des horizons. Il faut saisir la vie au vol.

 

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