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La révélation du faucon

Publié le par Fabien Maisonneuve

- Zahik -

Il avait eu pour elle ce regard langoureux... Plus de doute dans mon esprit. Il l'aimait tendrement, mais pas comme une soeur. Quelque chose s'agite en moi, mon coeur entre des mains serrées. Inspire... souffle. Ah cette langueur, et comment être jaloux? Et pourquoi ne pas l'être? Mais c'est une nashize et c'est son droit! Mais quel est le mien, donc!

-- Je te dois des explications, ô capitaine.

J'avais envie qu'elle nie. J'avais envie qu'elle se débatte pour mon amour, elle disait pourtant là quelque chose d'autre, quelque chose de transperçant pour mes entrailles. Comment considérer cette réalité de leur tendresse?

-- Tu es nashize, et ce n'est pas ton frère.

-- Je... non, je ne suis pas nashize!

Oh mon âme! Non!

Je la vies se percer la tempe d'une aiguille, je voulu réagir, sans en avoir le temps. Elle laissa s'échapper une goutte sur la pointe et prononça une formule. Ainsi donc je ne l'aimais plus, comme ça, d'un trait? Comment cela se peut-il?

-- Je viens d’ôter le charme que j'ai mis sur toi pour sauver l'existence d'Arasîl. Tu ne m'aimes pas. Tu étais sous le charme d'un djinn.

Une sorcière. Ce n'était pas de l'envoûtement, à ce que j'en connais; nous autres Faucons d'Airain sommes entraînés à y résister. C'était du spiritisme: elle appelait le pouvoir des créatures magiques. Anges, djinns, zéphyrs; Heureusement qu'elle ne m'avait pas envoyé un ifrit ou une péri, car je me serai jeté sur elle sans permission. Elle avait choisi une de ces créatures qui se languissent de l'amour que l'humanité tient en partage.

-- Aussi, je t'ai caché la vérité sur lui parce qu'il est de bien trop noble naissance pour mourir de la main de ces saoulards de soldats.

Ils vont l'entendre.

-- Je te tiens pour responsable de sorcellerie, alors parles et parles moi bien.

-- Arasîl est...

-- Je suis né Kaddar fils de Kaddar.

Stupéfaction.

Mensonge? Joues-t-elle encore avec mon âme?

-- Comment serais-je sûr de ta sincérité? Que ferais-t-il ici, au fin fond du Mazighân? Le seul prince Kaddar est...

-- Oui, je sais, il est mort d'un accident de ballon dans le golfe d'Azkara. Ecoutes, ce n'est qu'un malentendu, il n'a jamais été tué par cet accident, il a dérivé dans une tempète jusqu'au pic de Timra où les simurghs l'ont recueuilli. Il est l'aîné des fils légitimes vivants du shahenshah. Nous devons aller au plus vite à Dar-al-Qarayn pour en informer l'émira Bareka.

-- C'est inutile, le suffète Harakim a pris les pleins pouvoirs militaires. L'émira est portée manquante depuis sa visite auprès du tyran d'Atka'ab, Urzil le baktur.

-- Mais pourquoi? Comment? Cela n'est pas conforme aux traditions matriarcales!

-- C'est une décision d'urgence, le Sanghkor est à nos portes, et la guerre a déjà commencé. Je dois d'ailleurs... Cela faisait une semaine que je repoussais les ordres de lever le camp vers Saydawine avec les Faucons d'Airain. Il me fallait d'abord vous conquérir et vous emmener. Que cela était futile.

-- Ne désespère pas capitaine. Tu m'as appris l'art de la guerre.

-- Pas encore, prince, si tu l'es vraiment. Car la stratégie est encore tout un art que tu ignores. Tu as les sens aiguisés, mais tu ne connais pas cet art comme je le connais.

-- Le pays est donc vraiment menacé? Ces gens, le Sanghkor, que veulent-ils?

-- Du butin, le plus possible, et le pouvoir sur nos terres. La rumeur prétend que le seyyid Hamilcar prétend au trône du Mazighân.

-- Cela se peut-il? Qu'en dirait l'empereur?

Décidemment, ce type ignore tout sur tout. Dois-je lui expliquer?

-- On dirait que tu n'a pas pris en compte l'extermination des armées impériales, et l'invasion du Coeur-Royaume, frère de la Louve.

-- En ce cas, nul n'est légitime.

-- Si. Le prince Sayuddin, sous le ministère du suffète. Tel est le mot d'ordre.

Faut-il donc encore lui livrer toutes les missives pour qu'il comprenne que la situation est désespérée et moi en mauvaise posture? Tant pis, il y a une occasion à saisir et je ne vais pas la laisser passer. L'amener à la capitale. Le présenter au suffète. Qu'il soit jugé par un tribunal martial. Je n'aurai pas fait tout cela pour rien. Nous verrons s'il plaide encore l'héritage de Kaddar.

-- Venez avec moi, demain. Je vous emmènerai porter la nouvelle. Gardes! Mettez les tous les deux aux arrêts!

-- Zahik!

-- Vous ne me laissez pas le choix! Je dois m'assurer de vos personnes! Qu'ils soient détenus et surveillés, et de leur plein gré! Nulle infâmie sur eux où vous en répondrez de mon épée!

Fallait-il donc protéger ces menteurs. Quelle injure...

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