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Le Harem

Publié le par Fabien Maisonneuve

Antre dévorante dédiée à la chaleur féminine et à ses atours, il est un instrument politique par dessus les autres. En ces lieux se nouent les destinées, se débattent les grandes orientations des royaumes et s’y courtisent les protocoles soyeux des trônes les plus rudes. Les Nashizes, courtisanes de haut vol, s’y ébattent sans fard et sans pudeur, attirant entre leurs griffes les importuns, les impudents et les maîtres du moment, sans jamais se départir du masque trompeur de la volupté et du caprice. Derrière leurs sourires apprêtés se cachent des desseins indicibles.

Leur loyauté est toutefois sans faille et c’est bien le seul maître qu’elles servent avec tant de ferveur. Les douces mélopées qui s’en échappent attirent l’oreille et le coeur, faisant vaciller le fort et laissant pantelant de désir le faible, provoquant quelque émoi au coeur de la cité endormie, tandis que le monde contemple amère ce spectacle savamment orchestré. Décors et parfums sont choisis pour répondre aux musiciens et le tableau presque parfait ainsi brodé laisse à penser que leurs architectes s’en sont fait une spécialité.

Leur vie n’est toutefois pas absolument vouée à l'enfermement: Le Suyamur, rite de mariage convenu ouvert par compétition entre les membres de la cour, à l’issu duquel le prétendant le plus chanceux peut emporter la belle, peut en effet les en libérer. Elles restent toutefois attachée strictement à leur protecteur politique, partie d’un contrat implicite les liant à vie. Dans la cavalcade de ce concours au meilleur la Nashizes reste entièrement maîtresse de son destin et fait valoir seule son choix. Ce jeu n’a donc qu’un seul véritable vainqueur: l’âme qui, désormais, étendra la lumière de son prince par delà les murs du Harem.

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