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Les cités impériales

Publié le par Fabien Maisonneuve

Quartiers au main de familles, de tribus, chacune ayant accès à un ou plusieurs fours propres et à des points d’eau particuliers, les uns et les autres jalousement gardés. Les conflits ne sont d’ailleurs pas rares autour de telles ressources, surtout lorsque les naissances sont trop nombreuses lors d’une saison. Bien souvent des “milices” de jeunes protègent les rues inaccessibles ou se cachent les femmes durant la journée, à l’abri des hauts murs, des fenêtres grillagées faites pour voir sans être vus (moucharabiehs) et des encorbellements attirés les uns les autres par la pesanteur qui font bien souvent se rejoindre tout à fait de lourds ensembles construits sans plan de départ (et agrandis au fur et à mesure). Des rues ombragés sont donc les axes de vie de ces cités, elles sont comme parsemées de points de passage agissant comme des sortes de douanes: petites cours ouvertes sur le ciel, entrelacements de passage et de passerelles de bois reliant les ensembles architecturaux, simples seuils d’une grande maison, etc.

De plan circulaire, articulée autour du souk, lieu de croisement des lignées, la cité impériale se déploie telle une véritable toile d’araignée. Une certaine forme de violence urbaine se déploie sur les hauteurs des vastes immeubles collectifs, c’est à l’abri des patrouilles au sol que les malandrins s’adonnent à toutes sortes de trafics. L’accès aisé qu’ils ont aux habitations les rend particulièrement dangereux et leur “amitié” est bien souvent achetée. Les domestiques, quant à eux, sont indistincts des propriétaires indivis, vivant la grande majorité de leur existence en un même endroit, au coeur d’une famille, dont ils ne sont qu’une partie ou une extension. Ce sont d’ailleurs bien souvent eux dont la relative liberté de mouvement est supérieure à celle de gens à la vie très rigoureusement rythmée que l’on voit officier dans l’ombre afin de mener quelques affaires discrètes.

Le quartier du Palais est souvent un étalage de luxe et d’espaces ordonnés ou l’air s’engouffre enfin, libérant la cité de sa lourde moiteur et de son encombrante accumulation de bâtis. Ici l’ordre rectiligne donne au voyageur un sentiment de quiétude et lui évite, enfin, de se perdre.

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