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L'Assaut du Monastère (2)

Publié le par Fabien Maisonneuve

- Conteur -

Les pelaboriens d'Akazam mettaient le sac sur l'édifice, et s'emparaient de tout ce qu'il contenait d'or et d'argenterie. Ils avaient massacré habilement toute la prêtraille qu'il y avait là. Une odeur de sueur, de pisse et de chiure rôdait entre les parois de bois attaquées à la hache et à la hallebarde.  L'officier en chef s'assurait que les derniers sorciers assemblés dans le naos soient bien morts par les carreaux d'arbalète qui leur étaient destinés.

L'heure du butin était venue. Tout était retourné sans ménagement dans le but de trouver les richesses cachées par ces eunuques du nouveau continent. Pas de femmes ici, et c'était bien dommage, mais cela ne gênait plus outre mesure certains des marins, las de devoir attendre encore pour se vider les bourses; les fesses potelées de ces hommes de foi bien nourries étaient suffisantes pour sentir le ressac vous éreinter délectablement.

Pourtant, l'officier comprenait que ces prêtres utilisaient des connaissances séculaires, dans une langue inconnue. Peut-être disposaient-ils de pouvoirs dans ces confréries étrangères, et peut-être fallait-il les craindre, mais la vitesse avec laquelle il avait frappé ces brebis était garante de cette victoire. Il n'y avait pas de temps à perdre. Sans ce butin de guerre, jamais ce capitaine, Lissandro, ne pourrait payer la dot qu'il espérait amasser pour faire valoir ses droits sur la princesse Yunalina du Bazilân. Il lui fallait un trésor de guerre digne d'Ishkaladar pour acheter une telle beauté.

Qu'importaient les franc-tireurs du port de Lubertad, encarthiens pour la plupart. Il fallait faire mal à Shimëria pour saigner le pays et dérober de quoi assurer l'union. Et ce ne serait pas ce vieux fou de sultan Azimès qui l'en empécherait, trop occupé par le commerce nouveau avec les conquérants d'Atka'ab.

Les gémissements prenaient fin. Il ne restait plus que quelques minutes à l'agonie des moinillons et leurs compères sorciers. L'étrange froideur de ce pays que les locaux appelaient le cimetière des dragons allait leur être un tombeau.

Shimëria était une vierge à déflorer, et de pillage en pillage, elle deviendrait la catin qu'adulerait Lissandro. Déjà, elle assouvissait son désir de supériorité. BIentôt, l'arrière pays dévoilerait sa fortune, attendant d'être possédée par un maître viril.

 

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