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Arasîl et le vieil éthalon

Publié le par Fabien Maisonneuve

- Conteur -

 

– Que se passe-t-il ?

– C'est le vieux Renégat, l'éthalon de mon père, dit une enfant. Il sent la jument d'Edjaz, celle du vieux Fereydoun.

 

L'éthalon ruait dans son box. Les palefreniers ne savaient pas quoi faire. Arasîl s'approcha, calme.

 

– Ouvrez-moi.

– Il va vous piétiner !

– Prince du pic, n'y allez pas !

 

Se voyant seul à assumer sa détermination, Arasîl défit le loquet, non sans analyser ce mécanisme inconnu, qu'il pris le temps de trouver ingénieux. Le cheval s'animait d'une lueur de folie. Il regardait en biais, le rouge au coin des yeux. Arasîl ouvrit et se glissa dans le box. L'éthalon se tourna, et Arasîl tourna avec lui. Il avait compris la dangerosité de se retrouver pris entre ses arrières et la paroi du mur. Il serait alors condamné à recevoir la ruade, et à l'encaisser. Un homme normal aurait pu mourir d'une telle blessure, s'il n'était pas soigné par un chirurgien.

 

Zana s'approcha pour contempler. La scène dura un moment, ou Arasîl faisait de rapides pas chassés pour rester sur le flanc de la bête. Celle-ci sautillait presque en tournant à reculon.

Finalement le prince en eut assez. Il se jeta sur l'encollure de Renégat. Il pesa de sa masse et tendit ses muscles. Arasîl résista mais lâcha prise. Il se repositionna et se jeta avec élan sur l'encollure, saisissant la tête du cheval. Il la fit tourner entre ses bras en sens contraire, provoquant le déséquilibre du bestiau qui bascula sur le côté. Il s'affaissa sur le sol, immobilisé par Arasîl.

 

– Allez-y, attachez-lui les sabots !

 

Les hommes se précipitèrent avec leurs cordages. Ils attrapèrent les pattes de l'animal et les tinrent serrées deux par deux. Ils manquèrent de devoir supporter une ruade, mais Renégat s'essoufflait sous la prise du vaillant jeune homme. Une fois captif, les nœuds resserrés sur ses pattes, l'éthalon abandonna la lutte. Les hommes s'éloignèrent, se demandant ce qu'ils pourraient faire, et combien de temps il faudrait à l'animal pour se calmer.

Zana restait sous le choc du courage et de la vaillance du fils de Kaddar. Une fois de plus, il montrait des dispositions hors-normes, et elle en était charmée. D'autant qu'il les employait pour eux, les rayat, le petit peuple. C'était le signe de sa légitimité dans son coeur.

 

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