Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Puranadokat dans les Jardins des Bienheureux

Publié le par Fabien Maisonneuve

- Conteur -

 

Puranadokat, askya de lumière, attendait Fereydoun au bord d'un lac scintillant. Elle se trouvait dans le Muntaha, le Jardin des Bienheureux, refuge des défunts qui avaient trouvé la lumière durant leur existence. Ce coin là était rempli de bosquets délicats, toujours en fleurs, et les tissus inaltérables des convives étaient aussi soyeux que l'herbe était grasse.

 

– Eh bien Fereydoun, comment se passe ta nouvelle vie de Keroubim ?

– J'ai toujours à coeur d'aider Gandariah.

– Tu ne devrais pas trop t'en faire, tu appartiens aux Hauts Plans désormais. Mais il est bon de savoir que les Keroubim restent attachés au Monde-Prison de notre père Barbelô. Je suis heureuse de savoir que nous comptons un veilleur de plus.

– Vous vous intéressez au sort de Gandariah, en définitive ?

– D'une manière qui nous est propre. Nous n'attendons pas de miracles de la part des hommes, et nous savons que les dives apsûrs sont avides de conquête. Les humains sont faibles de volonté et souvent ils cèdent aux avances de Shayatz. Cela est dans l'ordre des choses. Mais nous ne désespérons pas non plus de voir les mortels retrouver le chemin de la divinité. La Fontaine de Vie attire nombre d'entre eux vers le Muntaha, et ils y coulent une éternité sereine ; en attendant la fin de leur éon et le retour en Eloah. C'est dans l'ordre des choses. Le chemin des âmes vers l'Origine de toute chose, vers l'Oeil voyant dans les Ténèbres, est un parcours semé d'embuches. Nous ne nous rêvassons plus tellement sur vos possibilités.

– Que pensez-vous du désastre dans ce cas ? Vous n'êtes pas sans savoir ce qui se passe en bas.

– De quoi parles-tu ? Je ne passe pas non plus tant de temps qu'autrefois à inspecter les tribulations de la politique mortelle, tu comprends ? Eh bien ? Qu'y a-t-il qui te perturbe ?

 

Fereydoun fit apparaître une sphère bleutée entre ses mains. Dans celle-ci, il manifesta le bas-monde, et l'on vit apparaître le monolithe tentaculaire et noir qui flottait au dessus d'Atka'ab.

 

– Qu'est-ce là, Fereydoun ?

– Les portes des limbes ont été descellées, et les obscurité de jadis sont revenues à la surface. Elles ont obscurci le ciel un temps, et ont formé cette masse compacte. Je discerne l'oeuvre des adorateurs d'Obthalis.

– Il y a longtemps qu'Obthalis essaye de libérer Baal et de lui offrir la Parousie. Je pense que tu contemples son succès.

– Que voulez-vous dire ?

– Baal a été pulvérisé aux quatre vents, mais c'est un dive, et il ne connaît pas la mort. Il a sans doute vu l'énergie sombre qui planait dans les cieux comme un moyen de rassembler ses forces pour se manifester. C'est cela la Parousie. Alors Baal est de retour ? Intéressant…

– Pourquoi Obthalis veut-il libérer Baal ?

– ça c'est un mystère, mais sans doute est-ce dû à l'ancienneté de Baal parmi les dives. Même si ce n'est pas un frère d'Ahriman, avec son pouvoir venu des limbes, il pourrait faire un apsûr terrible. Une chance qu'il ait encore du mal à prendre forme. Cet astre qu'il est devenu manque de cohérence.

– Cela ne semble pas suffir à te faire sortir de ta placidité, dive de lumière.

– Il faut s'attendre à voir apparaître ce que l'on a toujours craint qu'il s'accomplisse un jour. L'ennui avec une menace, c'est qu'elle fini toujours par se réaliser lorsqu'elle plane sur vous pour l'éternité. Je crois qu'il est temps d'assembler les Askyas. Nous devons parler de cela.

 

Fereydoun reconnaissait là un trait de personnalité qu'il partageait. Certainement. Tout être puissant régnant du haut des siècles avait ce même besoin impérieux de contrôle qui le caractérisait. Pour autant, l'excitation semblait étrangère aux dives, ou du moins aux Askyas.

 

Commenter cet article