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La leçon de danse de Sayuddin à Arasîl

Publié le par Fabien Maisonneuve

Sayuddîn ce soir là était amusé, il savait que le présumé héritier impérial se trainerait, mal à l'aise, dans son costume de soirée. "Quel serait cet énergumène. Une bête de foire aurait eu plus de manières. Une danseuse?" En danse ce soir là, il allait pouvoir les amuser. Il était question pour Arasîl de montrer qu'il pourrait régler les problèmes courants, comme ces invasions. Les forces impériales étaient mobilisées au Bazilân. Mais Sayuddîn aussi avait été pris à l'essai, en son temps. On avait juste eu la délicatesse de lui enseigner la danse. N'y prenant pas spécialement goût, il avait éprouvé la douceur de faire belle impression auprès des administrateurs et des capitaines. Et le jeune sayuddin cachait en lui ce terrible secret. Cette douceur d'imaginer le spectacle; le garçon des montagnes, au beau milieu des courtisanes. Ne se ridiculiserait-il pas, avec ses dents infâmes, et ses cheveux abîmés?

Cette soirée était faite pour venir clore les célébrations en l'honneur de la défense victorieuse des ksars. Les terres du sud seraient bientôt livrées par traités. La reine Hama'ani gagnait du temps. Le Monso Bilal économisait la vie de ses soldats, et Hamilcar était proclamé gouverneur du sud, versant tribut au Sanghkor. C'était le poids qui oppresserait l'état des finances mazighîn. Mais ces considérations valaient bien une soirée dansante. Avant le retour de l'ennui du retour à la paix pour le royaume, certains regrettant simplement de ne pas être du bon côté. Il y avait eu tant de tensions. L'entaille était profonde, et les artistes se soir là avaient peine à jouer des airs entrains, pour apaiser leurs souverains, mais ils avaient le talent pour faire danser les jeunes. Voilà ce qui importe, dans le spectacle. Et la foule vient d'elle-même, au plus chaud lorsque l'entrain et le nombre portent l'enthousiasme des coeurs. Et au plus fort, les danses viennent s'approcher de la transe extatique, c'est dans ces moments là que l'on éprouve les profanes.

 

 

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